Comment les cinémas obtiennent-ils leurs films ?

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Un film n’arrive pas par magie sur l’écran de votre cinéma. Entre le distributeur, le contrat, le fichier numérique et la clé de déverrouillage, tout un circuit se met en place avant la première séance. Voici, dans l’ordre, ce qui se passe en coulisses.

Réponse rapide : les points clés à retenir

Points clés
  • Le cinéma obtient un droit de projection par contrat : il n’achète pas le film.
  • Le distributeur fournit le film sous forme de package numérique, le DCP.
  • Ce package peut arriver par support physique, par VPN ou par satellite, selon les salles.
  • Un contenu chiffré peut exiger une clé (KDM), valable sur des créneaux précis.
  • Le cinéma compose ensuite sa programmation, bandes-annonces et publicités comprises.

Qui détient le film : le rôle du distributeur

Le distributeur, point d’entrée des salles

Pour un cinéma, l’interlocuteur est le distributeur : c’est lui qui détient le film et le propose aux salles. Une salle ne va donc pas « chercher » un film n’importe où : elle passe par lui pour pouvoir le projeter.

Ce que le distributeur met à disposition

Le distributeur fournit aux cinémas un package de distribution numérique. La spécification de la Digital Cinema Initiatives (DCI), la norme de référence du cinéma numérique, le décrit comme l’ensemble de fichiers transmis du distributeur vers la salle.

Le cinéma peut-il choisir librement ses films ?

Réserver une œuvre, pas la prendre en rayon

Un cinéma ne choisit pas un film comme on choisit un produit en magasin. Il demande à le programmer auprès du distributeur et signe un contrat de projection. Les conditions précises, comme la durée d’exploitation ou le partage des recettes, varient selon le film et le contrat.

Hall de cinéma avec un panneau lumineux des films à l’affiche

Grands circuits et salles indépendantes

Les grands circuits disposent souvent d’acheteurs de films en interne. Les salles indépendantes font parfois appel à un agent de réservation externe, qui négocie pour elles.

Critère Grand circuit Salle indépendante
Interlocuteur côté cinéma Souvent un acheteur de films en interne Parfois un agent de réservation externe
Interlocuteur côté film Le distributeur Le distributeur
Nature de l’accord Contrat de licence de projection Contrat de licence de projection
Conditions (durée, recettes) Variables selon le film et le contrat Variables selon le film et le contrat
Bureau d’un distributeur de films avec ordinateur et planning de sorties

Acheter ou louer ? Ce que le cinéma obtient vraiment

Une licence d’exploitation, pas la propriété

Le cinéma acquiert un droit d’exploiter le film en salle, pas la propriété de l’œuvre. L’expression « un cinéma achète un film » est donc trompeuse : il s’agit d’une licence de projection.

Des conditions qui varient

La durée d’exploitation et le partage des recettes dépendent du film et du contrat. Nous ne donnons volontairement aucun pourcentage « universel » : les données publiques ne permettent pas de généraliser, et les chiffres avancés ailleurs ne valent que pour des cas précis.

Deux programmateurs de cinéma examinant un calendrier de sorties

De la bobine au fichier : qu’est-ce qu’un DCP ?

Une définition simple

Le DCP (Digital Cinema Package, ou package de cinéma numérique) est un ensemble de fichiers qui contient ce qu’il faut pour projeter le film : image, son, sous-titres et autres éléments. Aujourd’hui, le film circule sous cette forme de fichiers numériques plutôt que sur des bobines.

Une composition variable

Le contenu exact d’un DCP peut varier d’un package à l’autre. La référence commune est la spécification DCI, qui encadre le fonctionnement du cinéma numérique.

Signature d’un contrat de licence de projection pour un film

Comment le film arrive en salle : support physique, VPN, satellite

Plusieurs modes de livraison

La norme DCI énumère plusieurs façons de livrer le package : un support physique, un VPN (réseau privé virtuel, une connexion sécurisée sur internet) ou encore le satellite. Toutes les salles n’utilisent pas le même mode.

Ni « tout par internet », ni « tout sur disque dur »

Il n’existe pas de méthode unique. Affirmer que tous les films arrivent par internet, ou tous sur disque dur, serait inexact.

Mallette de support physique pour DCP posée à côté d’un ordinateur portable
Mode de livraison Ce que dit la norme Remarque
Support physique Cité parmi les modes de livraison Toutes les salles n’utilisent pas le même mode
VPN Cité parmi les modes de livraison Toutes les salles n’utilisent pas le même mode
Satellite Cité parmi les modes de livraison Toutes les salles n’utilisent pas le même mode

KDM : la clé sans laquelle le film reste verrouillé

À quoi sert la clé

Un contenu chiffré, c’est-à-dire rendu illisible sans clé, peut nécessiter une KDM (Key Delivery Message, message de remise de clé). Elle permet au système de la salle de déverrouiller le film.

Antenne satellite sur le toit d’un multiplexe au crépuscule

Une validité limitée

La norme DCI invite à vérifier les créneaux pendant lesquels la KDM autorise la projection. Hors de ces plages horaires, la séance ne peut pas avoir lieu.

Deux chemins possibles

Le film et les informations de sécurité peuvent emprunter des chemins distincts : le package d’un côté, la clé de l’autre.

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Technicien de cinéma gérant une clé de sécurité devant un serveur

Le fichier est reçu : peut-on lancer la séance ?

Réception et stockage

Le système de la salle reçoit le contenu et le stocke avant de pouvoir l’utiliser. Recevoir un DCP ne signifie donc pas qu’on peut le projeter aussitôt : pour un contenu chiffré, la clé et ses créneaux comptent aussi.

Checklist avant la séance

  • Le package est reçu et stocké dans le système de la salle.
  • La clé (KDM) est présente si le contenu est chiffré.
  • Les créneaux de validité de la clé couvrent l’horaire de la séance.
  • La programmation de la séance est prête.
Projectionniste vérifiant le planning et l’état du matériel en cabine

Construire la séance : programmation, bandes-annonces et publicités

Une liste de lecture

Le cinéma assemble une liste de lecture, c’est-à-dire l’enchaînement de ce qui sera projeté pendant la séance.

Plus qu’un long métrage

Cette liste réunit le long métrage, mais aussi des bandes-annonces et des publicités.

Employé de cinéma composant une liste de lecture de bandes-annonces et de films

Dans la cabine : les composants d’un système de projection numérique

Les éléments en jeu

D’après la spécification DCI, le système d’une salle peut comprendre des composants de réception, de stockage, de sécurité, de projection, de son et de gestion de la séance.

Un travail d’équipe

Ces éléments coopèrent : le contenu est reçu et stocké, sa clé est contrôlée, puis l’image et le son sont diffusés selon la liste de lecture.

Projecteur numérique et serveurs dans une cabine de cinéma

Questions fréquentes

Un cinéma peut-il projeter n’importe quel film ?

Non : il doit obtenir le droit de le projeter auprès du distributeur (voir la section sur le choix des films).

Le cinéma possède-t-il le film qu’il projette ?

Non. Il détient une licence de projection, pas la propriété de l’œuvre.

Salle de cinéma vide avant la séance, écran doucement éclairé

Qu’est-ce qu’un DCP et qu’est-ce qu’une KDM ?

Le DCP est le package de fichiers du film ; la KDM est la clé qui peut être nécessaire pour projeter un contenu chiffré.

Le film arrive-t-il toujours par internet ?

Non. La norme cite aussi les supports physiques et le satellite, en plus du VPN.

Pile de documents techniques et ordinateur portable sur un bureau

Peut-on projeter un DCP dès sa réception ?

Pas toujours : pour un contenu chiffré, il faut aussi une clé valable au bon créneau.

Les conditions financières sont-elles les mêmes partout ?

Non. Elles varient selon le film et le contrat.

Pour aller plus loin : sources et références

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